Construire la ville de demain par la transformation urbaine et la résilience climatique

15 octobre 2021

Le 30 septembre dernier, Abylon était présent au salon Innova’Ter consacré cette année à “la relance pour des territoires en transition”. Au programme : la découverte de démarches innovantes qui renouvellent les politiques publiques territoriales et les pratiques managériales. Trois dimensions de la relance ont été explorées : les territoires attractifs et intelligents, la gouvernance et l’innovation managériale, la résilience et la transition climatique. C’est sur ce dernier axe de réflexion que nous allons revenir dans cet article. La transformation urbaine et la résilience climatique : qu’est-ce que c’est ? Quels sont les enjeux et les apports de ces deux concepts à la construction de la ville de demain. Abylon restitue les débats passionnants auxquels nos consultants ont participé.

 

La transformation urbaine : “réapprendre” à faire la ville

Le constat. La transformation urbaine était au cœur de la conférence donnée par Sylvain Grisot, auteur du Manifeste pour un urbanisme circulaire. Au cours de son intervention, Sylvain Grisot est revenu sur les effets de l’étalement urbain sur le territoire français. Les sols sont artificialisés à une vitesse vertigineuse : l’équivalent de 5 terrains de foot par heure. Cette dynamique est celle d’une ville imaginée après-guerre, dont l’emblème sont les “suburbs” américains. Une ville fragmentée, dans laquelle les espaces correspondent chacun à une fonction spécifique (banlieues dortoirs pour la résidence, quartiers d’affaires pour le travail…).

En France, ce paradigme s’est traduit par la prévalence de constructions neuves, renforçant la périurbanisation. Une conception de la ville qui a des impacts financiers importants : plus la ville est étalée, plus elle est coûteuse pour les collectivités notamment du fait de l’entretien des infrastructures. Le dérèglement climatique invite aussi à s’intéresser aux impacts environnementaux de l’étalement urbain. La fragmentation des espaces favorise l’usage de la voiture individuelle et augmente mécaniquement les émissions de gaz à effet de serre. Cette urbanisation à usage unique repose sur un système d’urbanisme linéaire fondé sur la consommation d’espaces fonciers et l’artificialisation des sols.

 

Quelles solutions ? Sylvain Grisot estime nécessaire de “réapprendre” à faire la ville pour la rendre plus adaptable et plus durable. Dans ce contexte, la transformation urbaine est comprise comme une adaptation des infrastructures et des milieux urbains visant une densification maîtrisée et intelligente des territoires. Avec pour but de fortifier les structures urbaines tout en réhabilitant l’environnement.

Sylvain Grisot s’appuie sur la notion d’urbanisme circulaire. Ce nouveau modèle de ville durable s’applique à toutes les échelles : métropoles, villes moyennes, villages. Véritable contrepied à l’urbanisation à usage unique (linéaire), l’urbanisme circulaire plaide pour une urbanisation recyclable, ou encore des bâtiments à usages multiples dans le temps. L’urbanisme circulaire, c’est avant tout un autre regard sur la ville. La priorité est donnée à la réutilisation des espaces existants pour intensifier les usages, transformer les bâtiments et densifier les espaces. C’est ce que fait la société Grand Paris Aménagement dans le cadre de son projet pilote Cycle Terre. D’ici 2030, 400 millions de tonnes de terre vont être excavées en Ile-de-France. Le projet Cycle Terre prévoit d’en recycler une grande partie pour les transformer en matériau de construction (briques en terre crue).

Autre facette de l’urbanisme circulaire : l’urbanisme transitoire. Il s’agit là de réutiliser des locaux et équipements vacants ou partiellement vacants pour des fonctions diverses. Par exemple, Mab’Lab est un restaurant universitaire de Paris qui se transforme en coworking en-dehors des heures de repas.

 

 

Résilience climatique : transformer les défis en opportunités

En matière d’urbanisme, on dit d’un territoire qu’il est résilient s’il est capable de s’adapter face à des aléas qui le menacent (définition du CEREMA). Un territoire résilient est en capacité de transformer les changements en opportunités sur le long terme. Sous l’effet du dérèglement climatique, la résilience climatique s’impose comme un enjeu majeur pour les villes et les territoires. En 2040, on estime que des villes comme Lyon ou Paris devront faire face à des canicules répétées. La résilience d’un territoire, c’est aussi la sécurité alimentaire : aujourd’hui, un tiers des sols servant à nous nourrir sont à l’étranger.

Dans son rapport “La résilience des territoires pour tenir le cap de la transition écologique”, le think tank The Shift Project a identifié les “7 péchés territoriaux” qui entravent la transformation écologique et le développement de la résilience :

  • L’ignorance: faire semblant de comprendre les enjeux, sans chercher à approfondir
  • Le techno-solutionnisme : considérer le changement climatique comme une question technique et s’en remettre aux techniciens et aux technologies
  • Le cloisonnement: penser la résilience climatique et la transition écologique en silos
  • La désinvolture : ignorer la dimension politique et sociale de la transition écologique
  • La perfidie: bâtir des stratégies et plans d’actions qui ne changent pas la façon d’envisager la ville
  • L’agitation : multiplier les outils et dispositifs, s’épuiser dans des actions confuses et illisibles pour les citoyens
  • L’irresponsabilité: oublier de mettre en place une évaluation régulière et collective des actions entreprises

 

Le département de la Nièvre a mis en place une stratégie climat qui implique activement les habitants. Un conseil du changement a vocation à sensibiliser le public pour travailler en collectivité. Des agents du territoire sont les ambassadeurs du climat. Une façon de travailler sur des enjeux globaux en proximité et de sensibiliser sur des sujets concrets et prioritaires : l’alimentation durable, l’agriculture, la lutte contre le gaspillage alimentaire, l’eau, la biodiversité… En parallèle, le département a créé un label alimentaire. “La Belle Nièvre” est désormais la marque des artisans et producteurs nivernais. C’est aussi un outil aux mains de la collectivité territoriale pour promouvoir une alimentation locale et durable.

 

Vous souhaitez mettre en place une stratégie de transformation écologique et de résilience climatique ? Nos consultants vous accompagnent pour imaginer et donner vie à votre projet de ville durable.